| Aperçu
historique
Avant que le National
Institute of Health (É.-U.), ou NIH, n’entame ses recherches
dans les années 80, la dyslexie était seulement définie de
manière exclusive. Si l’on ne pouvait expliquer les difficultés
d’un enfant en lecture par une intelligence limitée, une déficience
de la vue ou de l’ouïe, des possibilités réduites d’accès
à l’enseignement ou par un problème de tout autre sorte, on
en déduisait que l’enfant devait être dyslexique.
Cela ne satisfaisait
ni les parents, ni les enseignants, ni les chercheurs, et
des efforts ont été déployés pour combler cette lacune.
La dyslexie est une
condition héréditaire qui rend extrêmement difficile la lecture,
l’écriture et l’épellation dans la langue maternelle, et ce,
en dépit d’une intelligence moyenne ou supérieure, une bonne
éducation et des conditions socio-culturelles adéquates.
Le terme « difficulté
d’apprentissage » n’est pas spécifique, c’est une catégorie
qui englobe de nombreux troubles entravant l’acquisition du
savoir. La définition suivante n’est utilisée qu’à des fins
législatives, financières et pédagogiques. Ce n’est PAS une
définition de la dyslexie qui est une difficulté spécifique
d’apprentissage.
Les
causes de la dyslexie
Des recherches récentes
plaident en faveur d’une composante héréditaire.
La dyslexie découle
d’une différence neurologique, c.-à-d. un fonctionnement différent
du cerveau. Les personnes dyslexiques ont un hémisphère cérébral
droit plus grand que celui des lecteurs dits « normaux ».
Cela peut expliquer le fait que les personnes dyslexiques
ont souvent du talent dans des domaines contrôlés par l’hémisphère
droit, comme les arts, les sports, la mécanique, la musique,
la visualisation tridimensionnelle, la créativité dans la
résolution de problèmes et l’intuition des relations humaines.
Non seulement les
personnes dyslexiques ont une structure cérébrale unique,
mais elles sont également dotées de « connexions »
inhabituelles. Leurs neurones se trouvent à des endroits inusités
et ne sont pas ordonnés aussi précisément que dans les cas
de cerveaux non dyslexiques.
Outre la particularité
de leurs structures cérébrales et neuronales, des études réalisées
au moyen d’IRM montrent que les personnes dyslexiques n’utilisent
pas la partie du cerveau constamment associée à la lecture
chez les autres types de lecteurs. En fait, il ne semble pas
y avoir d’uniformité quant à la partie du cerveau qu’elles
utilisent.
On peut donc supposer
que les personnes dyslexiques ne font pas fonctionner la partie
la plus efficace du cerveau au cours de la lecture. Cette
fonction est assumée par une autre partie de leur cerveau.
Voici ce que disent des chercheurs réputés
du NIH :
« La conscience phonémique est plus étroitement liée à l’apprentissage
de la lecture... que tout autre résultat révélé par les tests
d’intelligence générale, de préparation à la lecture et de
compréhension auditive. »
Les enfants qui
manquent de conscience phonémique sont incapables de distinguer
ou de manipuler les différents SONS qui composent les syllabes
ou les mots PARLÉS. Ils seraient incapables d’accomplir les
tâches suivantes :
·
segmentation des phonèmes;
Exemple :
quels sons entend-on dans le mot sac?
Quel est le dernier son du mot mer?
·
élimination de phonèmes;
Exemple :
quel mot resterait-il si l’on enlevait le son /r/ du mot sur?
·
comparaison et association
des phonèmes;
Exemple :
les mots colle et canne commencent-ils par
le même son?
·
dénombrement des phonèmes;
Exemple :
combien de sons y a-t-il dans le mot bras?
·
remplacement de phonèmes;
Exemple :
quel mot obtient-on si l’on remplace le son /p/ du mot père
par
le son /m/?
·
intégration de sons;
Exemple :
quel mot obtient-on si l’on fusionne les sons /p/, /a/ et
/r/ en
un même mot?
·
rimes;
Exemple :
trouver le plus grand nombre possible de mots qui riment
avec le mot mur?
Si un enfant manque
de conscience phonémique, il aura des difficultés à assimiler
la relation entre les lettres d’un mot et les sons que ces
dernières représentent. Il lui sera également difficile d’appliquer
les correspondances entre lettres et sons pour prononcer les
sons qui forment un mot inconnu.
Ainsi, les élèves
de maternelle qui n’obtiennent pas de bons résultats au cours
d’activités orales d’éveil aux phonèmes éprouveront très probablement
des difficultés à acquérir les habiletés de lecture précoce
de mots. Celles-ci constituent le fondement de l’apprentissage
de la lecture lors du cycle élémentaire.
Les compétences en
matière de conscience phonémique peuvent et doivent être enseignées
de manière directe et explicite aux enfants qui connaissent
des lacunes dans ce domaine.
Les recherches de
Sally Shaywitz, codirectrice du Yale Center for the
Study of Learning and Attention, ont démontré que pour
apprendre à lire, tous les enfants doivent développer une
conscience phonologique, c’est‑à‑dire, découvrir
que les mots de la langue parlée peuvent être décomposés en
très petites unités de son, les phonèmes, et que les mots
de la langue écrite sont formés de lettres qui correspondent
à ces sons. Chez les personnes dyslexiques, la partie du cerveau
assurant le traitement des phonèmes est affectée. Puisqu’il
s’agit de l’étape de base du processus de lecture, les étapes
subséquentes ne peuvent être entreprises même si la partie
du cerveau qui les gère est intacte.
En d’autres mots,
si l’on fait une analogie avec un ordinateur, comment peut-on
espérer que l’information soit traitée si le circuit permettant
l’entrée des données fonctionne différemment ou pas du tout?
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