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Une définition de la dyslexie

La dyslexie est une condition héréditaire qui rend extrêmement difficile la lecture, l’écriture et l’épellation dans la langue maternelle, et ce, en dépit d’une intelligence moyenne ou supérieure, une bonne éducation et des conditions socioculturelles adéquates.


Une difficulté d’apprentissage?

Le terme « difficulté d’apprentissage » n’est pas spécifique ; c’est une catégorie qui englobe de nombreux troubles entravant l’acquisition du savoir. La définition suivante n’est utilisée qu’à des fins législatives, financières et pédagogiques. Ce n’est pas une définition de la dyslexie, qui est une difficulté spécifique d’apprentissage.


Causes neurobiologiques

Des recherches récentes plaident en faveur d’une composante héréditaire.

La dyslexie découle d’une différence neurologique, c’est-à-dire un fonctionnement différent du cerveau. Les personnes dyslexiques ont un hémisphère cérébral droit plus grand que celui des lecteurs dits « normaux ». Cela peut expliquer le fait que les personnes dyslexiques ont souvent du talent dans des domaines contrôlés par l’hémisphère droit, comme les arts, les sports, la mécanique, la musique, la visualisation tridimensionnelle, la créativité dans la résolution de problèmes et l’intuition des relations humaines.

Non seulement les personnes dyslexiques ont une structure cérébrale unique, mais elles sont également dotées de « connexions » inhabituelles. Leurs neurones se trouvent à des endroits inusités et ne sont pas ordonnés aussi précisément que dans les cas de cerveaux non dyslexiques.

Outre la particularité de leurs structures cérébrales et neuronales, des études réalisées au moyen d’imagerie par résonance magnétique (IRM) montrent que les personnes dyslexiques n’utilisent pas la partie du cerveau constamment associée à la lecture chez les autres types de lecteurs. En fait, il ne semble pas y avoir d’uniformité quant à la partie du cerveau qu’elles utilisent.

On peut donc supposer que les personnes dyslexiques ne font pas fonctionner la partie la plus efficace du cerveau au cours de la lecture. Cette fonction est assumée par une autre partie de leur cerveau.

Conscience phonémique

Voici ce que disent des chercheurs réputés du National Institute of Health :

« La conscience phonémique est plus étroitement liée à l’apprentissage de la lecture... que tout autre résultat révélé par les tests d’intelligence générale, de préparation à la lecture et de compréhension auditive. »

Les enfants qui manquent de conscience phonémique sont incapables de distinguer ou de manipuler les différents sons qui composent les syllabes ou les mots parlés. Ils seraient incapables d’accomplir les tâches suivantes :


  • Segmentation des phonèmes
    Exemples : Quels sons entend-on dans le mot sac? - Quel est le dernier son du mot mer?
  • Élimination de phonèmes
    Exemple : Quel mot resterait-il si l’on enlevait le son /r/ du mot sur?
  • Comparaison et association des phonèmes
    Exemple : Les mots colle et canne commencent-ils par le même son?
  • Dénombrement des phonèmes
    Exemple : Combien de sons y a-t-il dans le mot bras?
  • Remplacement de phonèmes
    Exemple : Quel mot obtient-on si l’on remplace le son /p/ du mot père par le son /m/?
  • Intégration de sons
    Exemple : Quel mot obtient-on si l’on fusionne les sons /p/, /a/ et /r/ en un même mot?
  • Rimes
    Exemple : Trouver le plus grand nombre possible de mots qui riment avec le mot mur?

Si un enfant manque de conscience phonémique, il aura des difficultés à assimiler la relation entre les lettres d’un mot et les sons que ces dernières représentent. Il lui sera également difficile d’appliquer les correspondances entre lettres et sons pour prononcer les sons qui forment un mot inconnu.

Ainsi, les élèves de maternelle qui n’obtiennent pas de bons résultats au cours d’activités orales d’éveil aux phonèmes éprouveront très probablement des difficultés à acquérir les habiletés de lecture précoce de mots. Celles-ci constituent le fondement de l’apprentissage de la lecture lors du cycle élémentaire.

Les compétences en matière de conscience phonémique peuvent et doivent être enseignées de manière directe et explicite aux enfants qui connaissent des lacunes dans ce domaine.

Les recherches de Sally Shaywitz, codirectrice du Yale Center for the Study of Learning and Attention, ont démontré que pour apprendre à lire, tous les enfants doivent développer une conscience phonologique, c’est-à-dire découvrir que les mots de la langue parlée peuvent être décomposés en très petites unités de son, les phonèmes, et que les mots de la langue écrite sont formés de lettres qui correspondent à ces sons.

Chez les personnes dyslexiques, la partie du cerveau assurant le traitement des phonèmes est affectée. Puisqu’il s’agit de l’étape de base du processus de lecture, les étapes subséquentes ne peuvent être entreprises même si la partie du cerveau qui les gère est intacte.

En d’autres mots, si l’on fait une analogie avec un ordinateur, comment peut-on espérer que l’information soit traitée si le circuit permettant l’entrée des données fonctionne différemment ou pas du tout?

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